Exposition Universelle de Milan : le tour du monde en 48h

 
Ecrit par Laurène Giannuzzi

L’exposition Universelle se déroule tous les 5 ans et cette année c’est à Milan qu’il faut être. Le but des expositions universelles actuelles est de sensibiliser et de trouver des solutions aux plus grands défis de notre époque tels que l'urbanisme à Shanghai en 2010 ou l’alimentation comme c’est le cas cette année à Milan 2015.

Avec sa superficie de 1,1 millions de mètres carrés (100 hectares), l’exposition est une ville dans la ville, ne lésinez pas sur de bonnes chaussures vous allez en avoir besoin. La surface de l’exposition est impressionnante, avec ses deux grands axes principaux, le Cardo et le Decumano qui traversent l’ensemble, les arbres et le canal artificiel qui entourent l’ensemble, on découvre un décor étonnant où se dressent de part et d’autres les pavillons des pays participants (53 pays). On ne sait où donner de la tête, les bâtiments sont immenses, ça fourmille de partout et les enceintes diffusent sans interruption des jingles ; on se sent tout de suite dans l’ambiance.

L’architecture est tout à fait fabuleuse, on pourrait rester la journée à faire des photos des pavillons tellement ils ont été conçus avec ingéniosité et créativité. Entre les pays, la compétition fait rage pour prétendre au titre officieux de plus beau pavillon.

Nourrir la planète, énergie pour la vie

 « Nourrir la Planète, énergie pour la Vie », le thème de l’Expo Milano 2015, est le fil conducteur des événements organisés tant à l’intérieur qu’ à l’extérieur du site.

Il invite à réfléchir et à rechercher des solutions aux contradictions de notre monde. En effet,  une partie de la population mondiale souffre de la faim (environ 870 millions de personnes sous-alimentées dans la période 2010-2012) A l’inverse d’autres personnes meurent à cause d’une alimentation incorrecte ou d’une consommation excessive de nourriture (environ 2,8 millions de décès liés à l’obésité ou à une surcharge pondérale). De plus, chaque année, environ 1,3 milliards de tonnes d’aliments sont gaspillées. Tout l’enjeu de cet important rendez-vous consiste à réfléchir à la mise en place de politiques avisées  d’avoir recours aux nouvelles technologies afin de développer des styles de vie durables et trouver un équilibre entre la part des ressources existantes et leur consommation.

« Nourrir la Planète, Energie pour la Vie », le thème parait  louable mais qu’en est-il vraiment ? Sur le terrain on en apprend peu sur tout cela (gaspillage, sous-alimentation, nouvelles technologies), la majorité des pays s’approprient seulement ce thème sous l’angle de l’alimentation. On découvre les spécialités culinaires ce qui ne manque pas de  donner l’eau à la bouche. Mais plus globalement, les pavillons restent des sortes de supports promotionnels  : on a droit à un clip pour  touristes  presque à tous les coups, « Venez chez nous c’est le plus beau pays », sur ces films les locaux sont souriants, les enfants courent en riant et le soleil brille.

Au fil des visites on ressent un réel décalage entre  le thème général annoncé et son traitement sur le terrain. Grande est la déception et l’on peut légitimement être choqué  de voir la manière dont les pays l’ont traité. Leur manque d’engagement dans cette si belle démarche les cantonne au stade de publicité pour agence de voyage.

Toutefois quelques rares pays ont joué le jeu, citons parmi eux :

Le pavillon France, dans lequel le visiteur entre par un jardin en forme de labyrinthe, qui reproduit trois paysages agricoles nationaux puis il arrive dans une grotte qui transforme l’espace  en une sorte de parcours initiatique. Il découvre les solutions pour «Produire plus et mieux». La dernière partie est consacrée au concept de « Plaisir et santé » et invite les visiteurs à redécouvrir le plaisir de cuisiner et de manger comme récompense des efforts fournis durant la déambulation, avec une série de slogans qui encouragent à agir mieux pour l’avenir de l’alimentation.

Le pavillon de la  Corée du sud, avec sa forme de vase traditionnel «vase lune» (moon jar), utilisé pour la fermentation de certains aliments, le parcours est axé sur la fermentation préconisée selon ses concepteurs comme la solution future  anti-cancer et antioxydant et qui aide à lutter contre l’obésité : le kimchi, chou chinois fermenté avec du piment pendant des semaines dans cette fameuse jarre.

Le Japon ,un pavillon composé de 17 mille pièces de bois emboîtées de manière à laisser pénétrer la lumière naturelle. Les effets spéciaux sont à couper le souffle et les nouvelles technologies nous entraînent dans le restaurant du futur ; dix tables autour desquelles il est possible de prendre un repas virtuel. En effet, les aliments apparaissent sur la table avec une explication de leurs caractéristiques.

Le pavillon Zéro, un très beau bâtiment qui nous fait découvrir le quotidien d’un jeune berger à travers un court métrage émouvant nous révélant le quotidien des hommes, leurs façons de se nourrir et de vivre ensemble avant l’ère industrielle et les technologies. C’est un peu de l’histoire de l’homme sur la Terre à travers son rapport à la nourriture (gaspillage, court de la bourse et l’origine des instruments dont les hommes se servaient il y a longtemps).

En partant, n’hésitez pas à faire un tour du côté du Lake Arena ou trône l’arbre de vie et qui propose des spectacles sons et lumières toutes les heures.

Si comme on l’a vu, l’écart entre le propos initial de l’exposition et sa traduction sur le terrain est réel, reste tout de même l’opportunité de  découvrir de nouvelles formes d’architecture de nouveaux pays  comme une sorte de  tour du monde en  accéléré.

Accès avec le métro 1 (ligne rouge)  terminus Rho Fiera Milano.
Prochaine exposition universelle : en 2020 à Dubai  (Emirats Arabes Unis).

Crédits photos :
Laurène Giannuzzi et
www.gizmag.com


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