Depuis 28 ans maintenant, la géographie possède sa capitale : elle se situe au cœur du massif vosgien et se nomme Saint Dié.

Curieux destin pour cette ville, qui vit en l’an 1507 ses moines apposer sur un planisphère le nom d’ « America » en hommage au navigateur génois Amerigo Vespuggi, baptisant ainsi ce nouveau continent plus connu à présent sous le nom d’Amérique. Et qui, plus récemment – si l’on peut dire – donna naissance à Jules Ferry, figure emblématique de la troisième République et promoteur de l’instruction publique obligatoire. On serait tenté d’y voir un lien certes ténu, mais bien réel entre le chantre de l’école pour tous et cette immense université populaire éphémère, au savoir librement consenti qu’est devenu le Festival international de Géographie.

Avec ses rues pavoisées, ses commerces décorés sur le thème du pays invité, impossible de passer à côté de l’événement tant toute la ville semble vivre à l’unisson du festival. S’organisant autour d’un thème principal : « Territoires humains, mondes animaux » en l’occurrence pour cette dernière édition, le festival met aussi à l’honneur chaque année un pays différent, c’est l’Afrique du Sud qui avait été choisie.


Elitiste pour tous !

Le défi que constitue l’accès du grand public à la culture et à la connaissance et le mélange des publics, ces problématiques récurrentes qui taraudent bon nombre de responsables culturels, semblent avoir trouvé ici à Saint Dié de possibles réponses.

Impossible d’assister à toutes les causeries, conférences, et autres animations à moins de posséder le don ubiquité, tant l’offre semble pléthorique, et l’on se surprend à regretter que l’événement ne dure pas plus longtemps… Et dire que tout cela commence dès neuf heures du matin ! Face à des amphithéâtres bondés, des salles pleines, les chercheurs par nature isolés dans leurs champs d’investigation, repartent galvanisés et gonflés à bloc par l’engouement du public. Mais loin de se limiter aux seules conférences, le Festival international de géographie se décline aussi en une multitude d’événements tels que : le salon du livre, le salon de la gastronomie, les démonstrations culinaires, les cafés géographiques, les projections de films documentaires, fictions, et expositions scientifiques.


Géographes de tous les pays, rencontrez-vous !

C’est le propre de ce rendez-vous que de donner à voir ce qui fait l’actualité de la discipline. La géomatique, néologisme crée à partir des mots géographie et informatique regroupe l’ensemble des méthodes et outils des NTIC (nouvelles technologies de l’information et de la communication) qui permettent de recueillir, de représenter ou d’analyser des données géographiques. Quand au géocatching, il s’agit ni plus ni moins du bon vieux jeu de piste d’autrefois auquel on aurait ajouté une chasse au trésor le tout à la sauce numérique. En d’autres termes, on se trouve en présence d’un nouveau loisir qui consiste à utiliser la technique du géo-positionnement par satellite, le fameux G.P.S , pour rechercher ou cacher des objets dans différents endroits du monde.

Ce n’est pas le moindre des mérites du festival d’avoir redonné à la géographie, selon Christian Pierret le président fondateur, « l’espace imminent qui lui revient dans l’immense espace des sciences humaines où elle n’est plus l’auxiliaire de l’histoire ». Politique, humaine, ou sociale, jamais la géographie n’a semblé aussi indispensable à la compréhension du monde actuel.

Reconnu par la communauté des géographes, partie prenante de l’événement, remarquablement organisé et toujours innovant, le festival international de géographie semble avoir encore de belles années devant lui. Dans le respect de la tradition, les organisateurs annonçaient dès la fin de l’événement les grandes lignes de la prochaine édition.

Prochain rendez-vous : 5, 6 et 7 Octobre 2018
Thème : la France demain
Pays à l’honneur : les pays scandinaves.

Pour aller plus loin :
http://www.fig.saint-die-des-vosges.fr/