Mais déjà il faut dire au revoir à Rijeka, car l’île de Crès (prononcer Tsrésse) nous attend. Après avoir longé la côte et traversé la magnifique station thermale d’Opatija, berceau du tourisme croate, nous embarquons à Brestova. Une demi-heure suffit pour rejoindre Porozina avec le ferry de la compagnie Jadrolineja.


Cres : calme et sérénité

Considérée, de par sa situation géographique, comme la porte d’entrée de l’Adriatique, Cres dispute à Krk, le titre de plus grande île. Une chose reste toutefois incontestable : c’est la plus longue des îles qui déroule un ruban de 80 kilomètres d’une route principale presque unique. Ici, peut être plus que dans les autres îles (à part l’île de Pag), le paysage est constellé de murets de pierres sèches, ce qui lui donne un charme indéfinissable.

Cres, sauvage et escarpée, peuplée d’à peine 3000 habitants sur 405 km carrés est une île au charme discret, peu touristique. Tout l’opposé de sa sœur jumelle Lošinj. Comme dans les principales îles du Kvarner, la bourgade principale porte le même nom que l’île. C’est à Cres que vivent la plupart des habitants dans ce petit port de carte postale avec ses maisons aux façades colorées, où règne une indéniable douceur de vivre.

Vue aérienne de l'île de Cres
Vue aérienne de l'île de Cres
Vue aérienne de l'ile de Cres
Vue aérienne de l'ile de Cres
Port de Cres, capitale de l'île
Port de Cres, capitale de l'île

 

Quand ils ne vivent pas dans la « capitale », les habitants coulent une existence paisible dans de petits villages comme : Orlec (connu pour ses costumes folkloriques aux couleurs chamarrées et ses joueurs de cornemuse) et Grmov. Ils s’adonnent à la pêche ou à des activités rurales comme la culture de l’huile d’olive. Mention particulière pour le village Losnati dont l’agneau préparé à partir d’anciennes recettes, jouit d’une excellente réputation. Citons aussi le bourg médiéval de Lubenice (hélas en voie de désertification) à flanc de falaise (départ du sentier de La Grotte bleue) et Beli, ultime sanctuaire pour les faucons, les derniers vautours à tête blanche menacés de disparition.

Enfin, osez… Osor, petit village plein de charme, il y a longtemps capitale de l’île, véritable petit musée à ciel ouvert avec ses sculptures sur le thème de la musique. Nous sommes ici à la limite entre Cres et Lošijn autrefois sœurs jumelles.

 

Un court chenal les sépare, un pont les unit, comme pour signifier leur proximité et leurs différences.

Bourg de Lubenice
Bourg de Lubenice
Port de Beli
Port de Beli
Cité médiévale d'Osor, aux confins de l'île de Cres
Cité médiévale d'Osor, aux confins de l'île de Cres



Lošinj : un parfum de vitalité

Avec ses 10000 habitants sur tout juste 75 kilomètres carrés, Lošinj est l’exact opposé de Cres, l’une des îles les plus verdoyantes de la mer adriatique.

Réputée pour son offre d’aromathérapie, elle fait le bonheur des herboristes et botanistes, subjugués par les différentes variétés d’espèces présentes. Un festival se tient chaque année sur ce thème dans le courant du mois de mai. Il porte le joli nom de « Apsyrtides » donné par Arbsystus, principal personnage de l’histoire mystique des argonautes. Dépassant l’offre initiale purement herboristique, il s’étend désormais à travers conférences, ateliers découverte, cuisine alternative, conseils santé, et pratique sportive douce, à tout le secteur du bien-être. Tout cela dans le droit fil d’une tradition de tourisme de santé plus que centenaire, on y traite en particulier les affections respiratoires.

De nombreux sentiers parcourent le territoire, mais l’un des plus pittoresque est celui qui relie Mali Lošinj à Veli Lošinj. Parsemé de nombreuses criques, il longe la côte au plus près. Ses maisons autour du port constituent une splendide palette de couleurs que n’aurait pas reniée le peintre Maurice Utrillo, familier de ce type de sujets.

Port de Mali Losinj
Port de Mali Losinj
Sentiers qui longent la côte
Sentiers qui longent la côte
Veli Losinj
Veli Losinj

 

Les habitants les plus connus et les plus observés du village sont les dauphins. On en dénombre plus d’une centaine dans le secteur (difficile de savoir exactement la population). Une O.N.G locale (Organisation Non Gouvernementale) étudie leur comportement et les protège d’un environnement parfois hostile ! Elle est à l’initiative de la création d’une réserve biologique spécifique l’ « Adriatic Dolphin Project ».

A Lošinj, l’offre culturelle se distingue par sa singularité : le musée Apoxymena constitue une véritable attraction puisqu’il propose en tout et pour tout une seule et même œuvre : « L’Apoxymène », une statue en bronze représentant un athlète nu, dont il n’existe à ce jour que huit exemples connus. Si vous souhaitez en savoir plus sur l’incroyable parcours de ce bronze, nous vous invitons à consulter les articles de Connaissance des arts et Télérama qui ont traité du sujet.

Avant de quitter Lošinj une montée au belvédère « Tematski Vidikovac Providence » s’impose. La vue sur la côte et les petites îles d’Ilovic, Susac et Unije y est sans égale. De quoi prendre illico le bateau pour aller les visiter !

Dauphins de l'Adriatique
Dauphins de l'Adriatique
Musée Apoxymena
Musée Apoxymena
Belvédère Tematski Vidikovac Providence
Belvédère Tematski Vidikovac Providence


Pour aller plus loin :
http://www.tzg-cres.hr/en/
https://www.visitlosinj.hr/
http://www.kvarner.hr/en/tourism