Le tourisme est la première industrie mondiale, même s’il est pratiqué par seulement 3,5 % de la population… Un luxe réservé aux occidentaux qui, depuis l’avènement des congés payés, ont intégré «un devoir d’ailleurs et de loisirs».

Mais qui n’a pas senti ce malaise, dans une boutique de souvenirs ou sur une plage des Caraïbes couvertes de baigneurs blancs ? Qui n’a jamais ramené de vacances le sentiment de l’absurde ? Car même les mieux intentionnés des voyageurs contribuent malgré eux à la mondophagie touristique. Et rien ne semble pouvoir arrêter cette conquête démesurée des quatre coins du monde: ni la pollution qu’elle impose, ni la disparition des spécificités culturelles qu’elle vient niveler et encore moins la conscience de l’Autre qu’elle réduit à une relation marchande. Pouvons-nous nous évader du tourisme?

Rodolphe Christin nous invite à retrouver l’essence du voyage: préférer le chemin à la destination, et «disparaître» plutôt qu’apparaître partout.

Manuel de l’antitourisme, Rodolphe Christin, Ecosociete Editions, Collection Pomélos, 2008


A écouter : « Trop de touristes tuent le tourisme ? », entretien avec Rodolphe Christin. Propos recueillis par Julie Gacon, Du grain à moudre (France Culture), 16 août 2019.