Dédier un musée à la musique, de celle que l’on qualifie de populaire de surcroît, matière vivante par excellence, n’y a –t- il pas là une forme de paradoxe ? C’est tout le pari tenté par l’équipe du MuPop, qui tire nom de musique et populaire.

 

Des vielles à roue au MuPop : quand le musée fait sa mue

Si le Mupop ouvre ses portes en 2013 à Montluçon, cela ne doit rien au hasard bien au contraire. Résultante d’une pratique ancestrale de la musique traditionnelle, en l’occurrence de la vielle à roue. Il y avait là, enraciné au cœur d’un territoire, le Bourbonnais, un terreau fertile pour mener à bien ce genre de projet.

Un peu d’histoire : Le Musée de Montluçon ouvre ses portes modestement en 1959 avec quelques vielles à roue. Les collections s’enrichissent au cours des décennies suivantes d’autres instruments, notamment par l’arrivée en 1983 des cornemuses. En 1997, la présentation d’une exposition sur les guitares électriques scelle en quelque sorte le destin du musée qui étendra désormais son spectre aux musiques électro amplifiées.

L’avènement du MuPop, c’est aussi la traduction d’un choix architectural audacieux qui associe au cœur de la vielle ville – dans un amalgame plutôt réussi – bâtiment ancien et construction moderne, en parfaite symbiose avec le propos.

 

 

Parcours musical et parcours instrumental

Déambuler dans le musée au fil d’un premier parcours dit « musical » permet de vivre une expérience multi sensorielle inédite. Consacré à l’histoire de la musique populaire à travers ses différents mouvements et répertoires musicaux, de la fin du XVIIIème siècle aux années 1990, il illustre parfaitement l’importance et l’omniprésence de la musique dans notre société depuis un siècle et demi.

Le second parcours dit « instrumental » parfait complément du premier, aborde lui aussi à sa manière l’histoire de la musique à travers la présentation de larges collections de vielles à roue, cornemuses et guitares. Le service des Musées de France les considère d’ailleurs comme le fond de référence au niveau national.

Conçues indépendamment des parcours thématiques, les expositions temporaires apportent au lieu, une dimension événementielle et festive. La dernière en date, riche d’une importante iconographie était consacrée au truculent artiste Michel Polnareff. Un personnage hors normes, trublion de la variété française auquel la rétrospective rendait un bel hommage.

Franchir les portes du MuPop c’est pénétrer dans un espace ludique, où l’interactivité – mot clé des loisirs actuels – règne en maître. Il séduira les plus rétifs à l’idée de rentrer dans un musée. Alors oui, pari réussi pour ce lieu vivant qui évite toute forme de sanctuarisation de ce bien universel : la musique.


Pour aller plus loin : www.mupop.fr