Ecrit par Geneviève Guihard

Lumineuse, elle l’est, et n’a pas volé ce nom de baptême.

Savoureuse, elle peut tout autant s’en enorgueillir. La variété de ses terroirs et la palanquée de ses produits gourmands locaux la rend attractive pour les fins gourmets. Produits souvent labellisés au meilleur de la qualité, et même parfois uniques au monde.

Tel un long peigne, elle s’étire sur 30 km de long, 12km de large. Une route départementale la traverse mais une ribambelle de petits chemins de campagne, plus authentiques, permettent des découvertes buissonnières. Balades à pied dans les forêts de pins et de chêne menant à des plages de sable encore confidentielles. En ville, la bicyclette est bénie pour  se déplacer à travers le dédale de ses ruelles et venelles. En campagne, un réseau de plus de 100 kilomètres de pistes cyclables est offert. Heureux vélocipédistes !

Le côté îlien, protecteur, un peu secret, un peu fermé, captif, lui donne un charme infini. Notre tentation de l’infini, nous la vivons dans une île.

Une île à l’écart des feux de l’actualité, sans modernité oppressante et sans bling-bling tapageur. Ici le « locavore » fonctionne à fond. Loin des courants dévastateurs de l’ultra-productivité. Voici quelques fiertés gourmandes oléronaises pour devenir « aficionados » de cette île de rêve, si ce n’est déjà fait. Les mois de septembre et octobre sont idéals pour capter le goût du large.


L’huître Marennes-Oléron, le joyau de l’île

L’activité ostréicole est la plus emblématique de l’île. L’huître de Marennes-Oléron affinée en Claire, au goût iodé exceptionnel, est unique au monde. Elle fréquente les plus belles tables de l’Hexagone et même de la planète.

Autrefois, les marais salants constituaient la richesse du département. A Brouage, ancien comptoir marchand du sel, magnifique place forte au cœur du marais, les splendeurs et fortunes engendrées par le commerce de l’or blanc sont spectaculaires. Mais le sel n’était plus concurrentiel et sans valeur ajoutée. La reconversion des marais en bassins d’élevage d’huitres, les Claires, ont apporté à la région, une autre dimension économique.

Les huîtres sont mises en Claire et affinées dans ce bassin de Claire. Elles y sont chouchoutées. La Fine de Claire, peu charnue, 28 jours en bassin. La Spéciale de Claire et la Fine de Claire verte bénéficient d’un Label Rouge, le premier produit de la mer au monde à bénéficier de ce label. Quant à la Pousse en Claire, charnue, au goût du terroir, c’est une perle de luxe. Douce, charnue, mais toujours iodée et sauvage, c’est une explosion de saveurs en bouche.

La Cité de l’Huitre, bâtie sur le Chenal de la Cayenne, révèle tous les secrets de cette star. Aline Pauwels, la dynamique directrice, rayonne sur cet univers ludique et pédagogique. Avec belle humeur, elle conte l’étonnante aventure de l’huître, les coulisses de sa fabrication. On n’en a pas idée lorsque l’on croque dans le mollusque. Tant de soins apportés et de travail, aussi bien des hommes que des femmes. Ateliers d’ouverture d’huîtres, démonstrations de cuisine, dégustations. Pas le temps de s’ennuyer ici.


Le vin de Pays Charentais de l’île d’Oléron, autre fierté de l’île

Autrefois la vigne était la première activité de l’île. Oléron, fief des Planta genêts, bénéficiait de débouchés importants pour le commerce du vin. La guerre de 14/18 et le phylloxera ont décimé le vignoble de ses ceps et de ses hommes.

On est sur un terroir de Fins Bois et de Bois Ordinaires. Il approvisionnait en raisins les grandes maisons de Saintes et Cognac pour produire leurs prestigieux Pineau et Cognac.

Aujourd’hui, Oléron produit des Vins de pays  labellisés IGP et privilégie la vente directe. Ugni blanc et Colombard, cépages autochtones pour le vin blanc, le plus répandu, mais aussi Chenin et Sauvignon plus aromatiques. Merlot et Cabernet franc pour le rouge et rosé. L’île joue à fond la carte du bio et a su se diversifier dans les trois couleurs. Elle fait des vins de vignerons et pas des vins de techniciens.

Le vigneron Pascal Fabre, en bio dans les trois couleurs, en est l’exemple. A la fromagerie, près de Saint-Pierre d’Oléron, son vignoble s’épanouit sur 40 hectares. Aucun intrant chimique. Bouillie bordelaise et soufre pour combattre l’oïdium. Levurage indigène. Il fait aussi un goûteux Pineau des Charentes. Sa fierté reste son excellent rapport qualité / prix, et ce n’est pas de l’esbroufe !


Le maraîchage, originalité de l’île

A Chaucre, au  lieu-dit La Josière, au nord de l’île, deux femmes, deux sœurs, Christine et Cécile Nadreau, sont maraichères-agricultrices-vigneronnes de mère en filles. Elles cultivent au naturel, sans intrants chimiques, sur une poignée d’hectares, légumes, fruits et quelques vignes. Elles ont une belle énergie et le sourire.

Conserves et confitures « maison » uniquement à partir des fruits de leur verger et potager. Ne leur demandez pas de confitures de myrtilles ou fruits de la passion. Ces fruits ne poussent pas dans leur jardin. Raisins et figues, oui, en abondance.

En conversion « bio », elles fertilisent leurs terres avec des engrais verts, utilisent les bourdons pour la pollinisation. Lentilles, sarrasin, pois chiches,  pois cassés, toutes leurs céréales sont « zéro traitement ». Une curiosité ? L’oignon de « Saint-Turjan », en vente sur leur étal. Légume rare et oublié. Doux, rosé sucré, parfumé, autrefois cultivé dans les sables de Saint-Trojean. Le varech servait de fertilisant.


La pêche de la Cotinière sur les belles Tables de France

La Cotinière, premier port de pêche du département, et 7ème au niveau national. La pêche est artisanale et mise sur la qualité des espèces. Espèces nobles et moins nobles. Dans ce port animé,  il faut assister le matin à la criée : soles, turbots, maigres, sardines, homards bleus, langoustines…

Activité ancestrale de l’île, les pêcheurs avaient développé une technique astucieuse rendant le poisson captif dans des pièges à écluses. On peut les observer au Phare de Chassiron à Saint-Denis d’Oléron. Reconnaissable par ses bandes noires pour le distinguer de celui de Ré, proche voisine, toujours en activité, il est campé dans un magnifique jardin ouvert au public. En grimpant les 224 marches, cela vaut la peine, la vue est panoramique sur les îles, sur terres et mer, et les pièges à écluses visibles à marée basse. 

Au pied de la Criée,  face au port,  La conserverie La Lumineuse ne désemplit pas. Delphine et Olivier Dupuy la dirige et perpétuent la tradition familiale depuis quatre générations. Une originalité : La Lumineuse fonctionne en libre-service. Munis de gants en caoutchouc, les clients remplissent le sac donné à l’entrée, passent à la pesée et à la caisse. Immense choix de poissons selon l’amplitude des marées, les arrivages,  la saison. La pêche du jour ? Céteaux, maigres, raies, soles, même le homard bleu.  Crabes, araignées, crevettes grises, tout se pêche ici. La richesse et la qualité des espèces est  impressionnante.

Delphine, alerte et volubile, fourmille d’énergie et d’idées. Originaire d’une famille de pêcheurs de l’ile de Groix, en Bretagne, elle confectionne dans son atelier de filetage et de fumaison des conserves succulentes : mousse de foie de lotte, de maigre, rillettes de « chien » sorte de petit requin, et soupe de poissons. Sans colorant et sans conservateur.


Les Cabanes de Créateurs  d’Oléron… un charme fou !

On ne peut quitter l’Ile sans y avoir fait quelques emplettes. Une reconversion spectaculaire. Une véritable success story.

Idée géniale du maire de Château d’Oléron ! Les cabanes en bois goudronné de couleur noire des ostréiculteurs étaient devenues obsolètes. Ou plutôt insalubres par rapport aux nouvelles normes d’hygiène. Il fallait les détruire. Métamorphosées en ateliers de créateurs, ces délicieuses cabanes accueillent aujourd’hui artistes et artisans d’art : tisserand,  coutelier, sculpteur, enlumineur,  bijoutier…
Elles constituent un patrimoine unique et fragile. Louées à un prix modique à l’année, les artistes-occupants signent une charte d’occupation et ne doivent présenter et vendre que leurs propres œuvres.
Peintes de couleurs vives, elles apportent gaieté et fantaisie dans le paysage ilien dédié à la monoculture des huîtres. Tout se passe en bon voisinage.

Une dynamique artistique plébiscitée des créateurs et des touristes.


Embarquement immédiat

Les indispensables du Tourisme
www.ile-oleron-marennes.com
Tel : 05 46 85 65 23

Les saveurs inoubliables de l’Ile
www.saveursmarennesoleron.com

La Cité de l’Huître
http://www.cite-huitre.com 
Port de la Cayenne
Tel : 05 46 36 78 98