Capitale historique de Normandie, Ville d’Art et d’Histoire, 115 000 âmes, deuxième ville du Royaume de France jusqu’au 17ème siècle, Rouen vit aujourd’hui un tournant dans sa fréquentation et sa notoriété. Une opération de valorisation du centre historique baptisée « Cœur de Métropole » prévoit un grand plan d’aménagement urbain, un cadre de vie amélioré et un renforcement de l’attractivité de la ville. L’ample Métropole regroupe aujourd’hui 71 communes, recensant une population de 500 000 âmes.

 

De quartier en quartier

Les principaux quartiers historiques du cœur de ville sont concernés par cet embellissement. Rouen, malgré les nombreux travaux en cours, ou déjà entrepris, reste pimpante et attractive.

Le « Quartier des Musées », 5 institutions muséales, est repensé comme un lieu de vie et de circulation fluide. Une continuité artistique plus lisible entre les 5 Musées. Une vraie plate-forme piétonne, agréable à arpenter. Un Quartier qui émerge dans l’identité urbaine. Le Conseil métropolitain a voté la gratuité de ces 5 Musées : Beaux-Arts, Céramique, Ferronnerie, Muséum d’Histoire naturelle et celui des Antiquités.

Les Quartiers Beauvoisine et Seine-Cathédrale se refont un lifting plus verdoyant. Jardiner la ville, véritable oasis urbaine, mini-zones d’oxygénation, points de verdure. Une respiration urbaine avec plantation d’une centaine d’arbres et mise en valeur de squares arborés aux alentours de la Cathédrale.
Le Quartier du Vieux Marché a toujours le vent en poupe. Ses 2000 maisons à pans de bois dont une grande partie date de l’époque médiévale, étonnent le visiteur. L’Historial Jeanne d’Arc bien conçu, est la nouvelle star du périple urbain.

Les Quais de Seine rive droite et rive gauche, réhabilités, végétalisés deviennent agréables pour la promenade et le fun. Le vieux Marégraphe, les Hangars anciens donnant sur la Seine, à l’architecture industrielle reprennent du service : café, bars, restaurants branchés mais aussi jeunes entreprises et start-up leurs immenses baies vitrées donnant sur Seine. D’autant que les croisières fluviales et maritimes en plein boom, amènent une clientèle française et étrangère avide de distraction, de découvertes patrimoniales et de shopping.

On se pâme toujours devant le prestigieux Parlement de Normandie, style néo- gothique, aujourd’hui Palais de Justice (Corneille y a été avocat). Il abrite la Maison Sublime, monument hébraïque en cours de restauration. La Cathédrale 12ème/16ème siècles, du roman au gothique, la spectaculaire Église Saint Maclou en gothique flamboyant, restent des valeurs incontournables. Le Gros-Horloge et sa rue commerçante animée. Il sonnait le temps civil par rapport au temps religieux donné par l’église.

 

Braque, Miro, Calder, Nelson. Varengeville, un atelier sur les falaises

L’exposition présentée au Musée des Beaux-Arts est riche en œuvres majeures. Elle a bénéficié de nombreux prêts dont ceux du Centre Pompidou et de la Fondation Maeght. Elle relate l’épopée de Varengeville et expose quelques œuvres précieuses de cette assemblée d’artistes réunis dans ce village autour de Braque, grand artiste du XXème siècle, né au Havre, est un enfant du pays.

Proche de Rouen, Varengeville a accueilli ce vivier d’artistes qui a « campé » quelques années dans ce modeste village, réunis autour d l’amitié et le talent de Georges Braque.

Grâce à l’épouse de Paul Nelson, architecte avant-gardiste américain spécialisé dans l’architecture hospitalière, Braque découvre en 1928 ce village blotti sur la Côte d’Albâtre, à 50 km de Rouen. Petite bourgade en bord de mer, proche de la falaise de craie blanche matinée de silex noir.

Braque a 50 ans, en pleine maturité artistique, il arpente au quotidien les paysages familiers de Varengeville, explore la couleur et la sculpture. Avec pierres et craie récupérées sur la plage, il sculpte. Inspirés par l’Antiquité (Braque, fin connaisseuse de la mythologie grecque), se grandes dalles funéraires et son Héraclès plâtre peint et gravé, sont admirablement présentés dans l’exposition.

Varengeville est un lieu inspirant pour l’artiste. Il s’y fait construire une maison signée de son ami architecte : Nelson. Bien qu’il soit agnostique, mais sa femme est très chrétienne, Braque compose les superbes vitraux de la modeste église dont le célèbre Arbre de Jessé.

 

Autour de Braque et Nelson une féconde « cordée » d’artistes

Dès 1937, année faste, le sculpteur américain Alexander Calder, se joint au groupe ainsi que le peintre Juan Miro et Hans Hartung, peintre allemand.

Cette communauté d’artistes collabore tous ensemble au projet de « Maison suspendue », conçue par le sociable Nelson, restée au stade de prototype. On en voit le projet dans l’exposition. Les objets arachnéens de Calder, sculpteur américain, sublime portait de Miró en fil de fer, ne laissent pas indifférents. Miró compose à Varengeville son univers de Constellations dans la nuit. Autre thème favori de l’artiste : celui de l’évasion, où se mêlent poissons et oiseaux.

 

Varengeville, terre artistique, refuge en temps de guerre

Braque ne quitte plus Varengeville. Ses peintures respirent l’enfermement. Couleurs chargées de terre. Natures mortes sombres et sévères. Après la guerre, sa palette de couleurs s’élargit. Il peint des scènes de tous les jours. Chaises de Jardin en 1952. Les Barques et l’Oiseau, les grands thèmes de Braque. Cormoran, mouette, martinet ? Il les a observés sur les falaises. L’Oiseau et son nid huile et sable, peint en 1955, clôture en beauté cette exposition.


Pour aller plus loin :

Office de Tourisme
Place de la Cathédrale
Tel: 02 32 08 32 40
www.rouentourisme.com

Le Musée des Beaux -Arts de Rouen
Exposition Braque, Miro, Calder, Nelson jusqu’au 2 septembre 2019
Tel réservations : 02 35 71 28 40
www.mbarouen.fr