« Wight is Wight, Dylan is Dylan » chantait Michel Delpech dans les années 1970, en référence aux mythiques rassemblements musicaux de l’époque. Quelques décennies plus tard, l’île semble s’être bien assagie, mais avec son immuable côté « vieille Angleterre », l’endroit ne manque pas d’un charme désuet. La proximité des côtes anglaises – la traversée ne dire qu’un quart d’Eure en bateau – n’altère en rien ce sentiment d’insularité qui nous gagne dès que l’on a posé le pied sur l’île.

C’est alors un autre monde qui commence. Pour celui qui choisit d’aborder Wight comme un simple piéton depuis l’embarcadère, une longue promenade l’attend avant de rejoindre la terre ferme. Arrivé à Ryde l’une des portes d’entrée de l’île, il n’y a plus que l’embarras du choix : poursuivre son chemin à pied par le sentier côtier, prendre le train ou encore les bus à étage de couleur verte. Ces derniers sillonnent les moindres recoins de l’île et ne s’interdisent rien. Assurément, parcourir l’île de Wight au premier étage de ces bus constitue une expérience tout à fait inoubliable. Outre le point de vue offert sur les paysages, le voyage procure de fortes émotions vu l’étroitesse des routes bordées d’arbres dont les branches giflent régulièrement les vitres avec fracas.

Condensé de paysages du sud est de l’Angleterre, Wight est conforme à ce que l’on attend d’elle. Une île d’opérette avec ses villages de cartes postales, ses petites boutiques et ses adorables salons de thé. Il faut s’être trouvé par un après midi d’octobre sous un ciel voilé en haut de la colline surplombant le village de  Godshill pour éprouver cette vague sensation du temps qui se serait arrêté. Ses « thatched cottages », véritable marque de fabrique de l’île, constituent un des attraits majeurs : elles nous renvoient au monde imaginaire de notre enfance, nous rappelant la chaumière des nains de « Blanche Neige ».

Dans tous ces villages, conformément à la tradition, on ne trouve pas de cimetière clos mais des sépultures marquées de petites pierres tombales granitiques tout autour des églises. A noter que l’île possède  avec « Sainte Agnès » l’une des rares églises en toit de chaume de la région !

Wight paradis de la randonnée pédestre

Dire de cette île qu’elle est le paradis des marcheurs est tout sauf un lieu commun ! On peut sans exagérer parler ici d’une véritable culture de la randonnée pédestre. Les chemins avec leurs panneaux directionnels reconnaissables entre tous sillonnent la totalité de l’île. A tel point que deux Festivals de la randonnée sont organisés chaque année en mai et octobre et ça marche….

Au cours de vos balades, peut être aurez-vous l’occasion de voir ou de vous asseoir sur l’un des bancs qui jalonnent les sentiers. Observez-les bien et vous trouverez peut être une dédicace. Ils sont généralement offerts à la collectivité par des bienfaiteurs souhaitant perpétuer la mémoire d’un proche disparu.

Qui parle d’île ne peut oublier la mer. Et mer rime avec (plaisirs) balnéaires. Les britanniques en ont une approche tout à fait singulière. Ainsi, avec son « pier » et son décor gentiment suranné des années 50, Sandown en constitue un sympathique exemple. Cette station balnéaire, que l’on peut atteindre depuis le port de Ryde, donne l’occasion de monter dans de vieux trains bringuebalants, les seuls de l’île. Il s’agit en fait de wagons de métro de la « Northern Line de Londres » qui vivent ici une seconde vie !

Dans la partie ouest à l’embouchure de la rivière Yar, le bien-nommé Port de Yarmouth constitue l’un des autres points d’accès à l’île depuis l’Angleterre. Avec ses bateaux de pêche côtière colorés et ses ferries pour Lymington dans la New Forest – région connue pour ses poneys sauvages – il bruisse d’une sympathique agitation.

On peut aussi  céder à l’appel du grand large depuis Portmouth ou Southampton, et embarquer pour un voyage dans le temps !