Aimons la France comme elle nous a aimé

Petit pays par sa surface et son nombre d’habitants : 88 300 kilomètres carrés, 7 millions d’âmes, situé en cœur d’Europe centrale, dans les Balkans, traversé par le majestueux Danube, la Serbie respire une étonnante joie de vivre et une douce tranquillité. Le pays a su préserver son âme, sa culture, et la mémoire de son histoire. Boudée sur le plan touristique par les Français, la Serbie agrège pourtant de nombreux atouts culturels et patrimoniaux. D’autant plus que l’Histoire a autrefois rapproché les deux pays lors de la première guerre mondiale et les Serbes sont toujours reconnaissants envers la France pour l’aide militaire apportée lors de ce conflit. Malgré les barrières de la langue et de l’écriture cyrillique, la Serbie cherche à développer son tourisme et voudrait effacer ce déficit d’image injustifié.

Belgrade a de bonnes vibrations

Belgrade, Ville Blanche, belle capitale, est riche d’un patrimoine bâti ancestral fortement marqué par l’Empire austro-hongrois et la période Ottomane. Allure majestueuse un peu compassée des bâtisses officielles. Style architectural typiquement vieille Europe. En cœur de ville, l’immense Forteresse souligne un parc très arboré. La statue récemment restaurée qui scelle l’amitié franco-serbe suite à la libération de la ville avec l’aide de l’armée française, occupe le devant de la scène. Touchante inscription sur son socle : « Aimons la France comme elle nous a aimé ».

Novi Sad, ville d’art, capitale de la Voïvodine

A 80 km au nord de Belgrade, Novi Sad soigne son look et protège son patrimoine culturel. Cette ville d’art accueillante en bord de Danube a été retenue pour être Capitale européenne de la Culture en 2021. Richement dotée en musées, elle respire elle aussi, par le style de son bâti, l’atmosphère de l’ancien Empire austro-hongrois. Sans extravagance. Hôtel de Ville monumental, construit sous la monarchie des Habsbourg. Ruelles piétonnes comme celle de la rue Duna ska où il fait bon flâner et stopper. Nombreuses églises. Eglise catholique, église baroque orthodoxe. Elles se côtoient sans se faire offense. Spectaculaire et impressionnante Forteresse de Petrovaradin construite en briques rouges par les Autrichiens au 18ème siècle, selon les préceptes de Vauban (il n’y est jamais venu). Elle a vécu un siège et n’a jamais été conquise.

Sous les glacis, les espaces voûtés en briques laissent la possibilité de s’exprimer à 80 artistes contemporains. Chacun possède son atelier dans cette immense forteresse. La ville a donné les clefs aux artistes pour que la démesure retrouve sa place, pour ne pas perdre l’idée du temps long qui sied à cet ouvrage de quelques siècles. Un labyrinthe de corridors militaires et tunnels de défense de 16 km, constitue l’attraction magistrale du site. Novi Sad campe aux pieds de l’immense Parc Naturel National Frusqua Góra.  Il abrite 17 monastères, 17 lacs ! Riche de sa flore (rares champignons) et faune (aigles). On peut même y croiser des chevaux sauvages…

Les vignobles ? De jeunes plantations en devenir

La Région de la Voïvodine est un immense plateau dédié aux grandes cultures céréalières. Elle a cependant toujours été un haut lieu de la viticulture serbe, depuis l’époque romaine. Sur certaines parties de ce territoire, existe une formation géologique argilo-calcaire et volcanique particulière. Un paysage en coteaux, pentus, légère altitude, un microclimat, une amplitude de température jour/nuit. Ces atouts font de la Voïvodine une région viticole à potentiel courtisée par de nombreux investisseurs.

Pourtant, le phylloxera, les deux guerres meurtrières et les méthodes de culture de l’époque communiste ont ravagé une viticulture florissante. Et malmené les plants anciens. Une Route des Vins en Voïvodine est d’ailleurs en gestation. Ce vignoble, jeune Petit Poucet, jouera bientôt dans la Cour des Grands.

La cuisine serbe ? De belles émotions

La qualité des produits agricoles, ainsi que l’excellent rapport qualité/prix, sont à souligner. Mais aussi la joie de vivre de la population adepte de « la bonne vivance ». Auberges, tavernes pullulent et envoient les papilles en voyage. Plats typiques servis dans leur vérité première. Préparation sans fantaisie mais toujours dans l’excellence avec la fine fleur des produits de saison. Une cuisine rustique sans tricherie. Une cuisine populaire et saisonnière, celle du Bistrot, du Bouillon. Dans l’authentique tradition serbe.

La cuisine serbe, généreuse, est très végétale. Nombreux plats électrisés par une ardente sauce rouge, éclatante, légèrement piquante baptisée Avar (prononcez : avar) forte en goût. Mais saveur Majuscule. Comme le veut la tradition des Balkans, les poivrons rouges cueillis à la main, grillés, sont réduits en purée (pas les poivrons verts trop sucrés, pas les jaunes trop fades). Huile, vinaigre, sel, aucun additif ajouté. Idéal en accompagnement de légumes ou étalé sur du bon pain grillé pour calmer une petite faim.

Autre grande spécialité nationale : l’incontournable Rakaia. Il rend carrément orgiaque. Confectionné avec des coings, prunes ou abricots, servi en début de chaque repas, c’est un rituel respecté. On le consomme ici en apéritif ! La confection des alcools de fruits est une spécialité emblématique du pays. Quel magnifique savoir-faire !